Les défilés de mode promettent un hiver sombre et court : Ajouté le 2007-03-07 à 07:02
Les défilés de prêt-à-porter féminin
pour l'automne et l'hiver prochains, qui se sont achevés dimanche à Paris, ont
multiplié les propositions mais souvent présenté une silhouette sombre et
courte, redessinée par des manches volumineuses et des jupes gonflées au-dessus
de l'ourlet. Plus que jamais, le noir s'impose au côté des gris dans la
garde-robe hivernale. Christian Lacroix a créé la surprise en l'utilisant
largement dans sa collection, inspirée par les maîtres anciens flamands et
espagnols. Le noir a même gagné la garde-robe proposée par le Libanais Elie
Saab, généralement plutôt amateur d'or et de couleur.
Touches de
couleur Par contre, la couleur a retrouvé ses droits notamment chez
Jean-Charles de Castelbajac et Jeremy Scott, où elle est franche et éclatante,
chez Kenzo qui a privilégié le rouge et le noir, chez Jean Paul Gaultier sous
forme de tartans pour une collection placée sous le signe de l'Ecosse, chez
Christian Dior pour de luxueuses et éblouissantes variations sur le tailleur
maison. Chez Chanel, Karl Lagerfeld a injecté un peu de couleur dans une
collection très sport chic.
Retour de la mini Les
silhouettes sont souvent restées courtes, même si l'ourlet s'est nettement
rallongé chez Chanel pour des manteaux qui ont éclipsé les traditionnels
tailleurs. Christian Lacroix a dessiné des jupes ultra-courtes et parfois
bouffantes comme des culottes de page, Peter Dundas pour Ungaro et Christophe
Decarnin pour Balmain ont proposé des micro-robes précieuses, brodées de
paillettes et de cristaux.
Volume Un peu partout,
les manches s'élargissent et se gonflent. Manches-ballons, bouffantes resserrées
aux poignets, ou larges et plus ou moins longues, le volume s'impose. "L'accent
s'est déplacé de la poitrine et du décolleté, du buste vers les manches", relève
Hilary Alexander, journaliste au quotidien britannique The Daily Telegrah. Les
grands cols sont très présents notamment dans le vestiaire d'inspiration marine
de Givenchy et chez Lanvin. Maison Martin Margiela a fait sensation avec des
épaules surdimensionnées. Les paletots sur jupes droites restent nombreux, mais
le volume gagne souvent le bas de la silhouette, comme chez Martine Sitbon ou
Marithé & Françoise Girbaud. Chez Yohji Yamamoto, les jupes se font toupies,
au sens propre du terme puisqu'elles tournent autour de la taille, actionnées
par un moteur.
Les têtes se couvrent: grands et souples bérets chez
Rykiel et Louis Vuitton, casquettes à mentonnière chez Céline, en cuir chez
Hermès, cagoules moulantes chez Saint Laurent qui contrastent avec les lignes
plus amples et souples des vêtements. La tentation de l'armure reste présente
(écailles d'argent sur les épaules chez Balmain, plastrons de pierreries chez
Dice Kayek, corsets de cuir chez Alexander McQueen). Damian Yee chez Guy
Laroche, Véronique Leroy chez Léonard se sont efforcés de moderniser l'héritage
maison.
Défilés spectaculaires Les défilés ont par
ailleurs donné lieu à quelques mises en scène spectaculaires: flocons sur décor
enneigé chez Chanel, succession d'images inquiétantes sur une pyramide inversée
chez McQueen, décor surréaliste chez Galliano, tango chez Kenzo. Hussein
Chalayan a associé technologie et poésie pour de spectaculaires robes éclairées
de l'intérieur. Olivier Theyskens pour Nina Ricci a préféré une poésie plus
évanescente en présentant de fragiles robes avec en toile de fond le décor
naturel des arbres des Tuileries noyés dans une brume artificielle.
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